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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 15:45

Voici un ouvrage de plus sur ma pile de lecture:

 

Le sexe prescrit

la différence sexuelle en question

de Sabine Prokhoris, psychanalyste.

 

La psychanalyse serait-elle la gardienne de la " loi symbolique " ? Nombre de discours veulent nous en persuader. Car c'est " la différence des sexes ", dont la psychanalyse est supposée détenir la raison, qui serait l'alpha et l'oméga de notre humanité. Homme ou femme, il faudra donc qu'on se le tienne pour dit, et qu'on ne méconnaisse pas la " vérité " de l'ordre sexuel. Cet ordre pourtant est-il autre chose que l'effet, normatif, de certaines relations de pouvoir que l'on se garde bien d'interroger ? Effet très concret car il traverse la trame de chaque existence, en même temps qu'il sert de socle à la figure de la famille à laquelle notre organisation politique donne droit - et devoir - de cité. Le psychanalyste est en prise directe sur cet enjeu. Car, dans la perspective inaugurée par Freud et marquée par Lacan, il traite la souffrance psychique en sa relation avec l'inconscient. Or l'inconscient " discours de l'autre ", prescrit ce que nous sommes, et d'abord quand il s'agit de la sexuation. Mais cette prescription est à entendre au double sens du terme : injonction et décret d'oubli. Quelle sera, face à cela, la politique de la psychanalyse ?

 

Vivement cette lecture!

 

http://tv.yagg.com/files/2011/10/existrans2011-yaggtv-200x200.jpg

 

 

PS: 


« Celui qui promettra à l’humanité de la délivrer

de l’embarrassante sujétion sexuelle,

quelque sottise qu’il choisisse de dire, sera considéré comme un héros. »

S. Freud, Lettre du 17 Mai 1914

 

Par Poï Poï Poï
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 15:23

En lisant la psychanalyste Joyce Mc Dougall, nous pouvons espérer approcher quelque chose de la complexité de la vie sexuelle sans en passer par les habituels poncifs qui opposent les gender studies et la psychanalyse.

 

Ces poncifs viennent en partie, me semble-t-il, de l'idée bien ancrée d'une binarité quasi obligatoire dans la sexualité. Être l'un ou l'autre, biologiquement, psychiquement, vouloir l'un ou l'autre, pour diverses raisons... Cette prétendue binarité conduit d'une part les lecteurs assidus de Freud et consorts à envisager toute forme de sexualité non phallocentrée et non hétérosexuelle, je dirais même non « pénétro-centrée » comme suspecte -et ce malgré la révolutionnaire sexualité infantile- et d'autre part les féministes et penseurs du genre à prendre un peu rapidement la psychanalyse pour une mascarade paternaliste de plus.

 

Dans Eros aux 1001 visages, Mc Dougall aborde ainsi la question de la différence des sexes : elle est précédée dans les premiers temps de la vie par la reconnaissance de l'altérité, celle-ci étant le fondement de la quête de solution qu'est la sexualité humaine. D'après Mc Dougall, il est erroné d'envisager cette découverte comme inhérente à la question oedipienne. Elle est là bien avant : la différence elle même est source d'angoisse pour le petit enfant, avant même d'être rattachée à la question de la différence sexuelle. L'autre nous angoisse quel qu'il soit.

 

Cela éclaire d'un autre jour la question oedipienne :

« A la phase oedipienne, dans sa dimension à la fois homosexuelle et hétérosexuelle, l'enfant est obligé de composer avec le désir impossible de posséder ses deux parents, d'appartenir aux deux sexes et d'incarner les deux organes génitaux. Au fur et à mesure qu'il assume son inéluctable monosexualité, le petit de l'homme doit compenser d'une autre manière son renoncement aux désirs bisexuels. »

 

Elle ajoute, concernant la différence :

« Notre sentiment d'identité ressemble à Janus en ce que sa construction s'établit d'un côté sur « ce qui me ressemble » et de l'autre sur « ce qui est différent de moi » (…). »

 

On remarque donc qu'émergent dès les premiers temps de la vie psychique ces deux pôles, dans ce que Mc Dougall nomme la « sexualité archaïque ». Ce sont les deux pôles qui fondent les binarités successives qui constituent la vie psychique : moi/non moi, dedans/dehors, actif/passif, féminin/ masculin, etc. Voici comment Mc Dougall reformule cette problématique :

« Étant donné que la plupart des enfants ont deux parents, on peut s'attendre, quel que soit leur sexe, à ce qu'ils soient attirés libidinalement par l'un et l'autre et souhaitent obtenir l'amour exclusif de chacun d'eux ; en fait, tout enfant voudrait posséder les mystérieux organes sexuels de l'homme comme de la femme, nantis de leur pouvoir fantasmé. L'une des blessures narcissiques les plus scandaleuses pour notre mégalomanie infantile nous est infligée par l'obligation d'accepter notre monosexualité biologique. »

 

Quand bien même il est possible de changer de sexe biologique, ou encore de se vivre dans un genre différent du sexe biologique qu'on a, il semblerait qu'il est impossible d'être les deux en même temps, de façon satisfaisante ?

 

Une chose est certaine, tout cela est socialement construit, autour de ces questions qui jalonnent les fantasmes des humains. Dès lors, cela éclaire d'un jour nouveau le sexisme dont les enfants font les frais au quotidien. Il serait peut-être trop effractant pour certains adultes de voir un petit affirmer au grand jour un désir qu'eux même refoulent depuis si longtemps. Par exemple, un petit garçon qui souhaite jouer avec des poupées, c'est fréquent. On peut imaginer après la lecture de Mc Dougall que le petit garçon se questionne sur son intérieur et désire y mette et porter des bébés, en faire, plein, seul, ou avec l'apport d'un autre, suivant toutes les variations possibles et imaginables. C'est probablement une « expérience » fantasmatique de grande qualité et fertile en débouchés. Mais la construction sociale intervient et ne fait pas de cadeau au petit garçon et à sa poupée... Le sexisme ne naîtrait-il pas fondamentalement de cette insupportable monosexualité?

Par Poï Poï Poï
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 21:11

Pour patienter encore un peu, en attendant ces articles qui se peaufinent tranquilement au creux de mon disque dur...

 

Un séminaire qui me semble intéressant dans son intitulé, à voir:

 

Séminaire “Nouvelles Configurations Sexuelles”,

organisé par Beatriz Santos

Post-doctorante au Centre d’Études du Vivant, Allocataire de l’Institut Émilie du Châtelet

 

Il se déroulera en cinq séances, les mercredis 08/02, 15/02, 07/03, 14/03 et 21/03, de 18h à 20h, en salle 256A du bâtiment Condorcet,

4 rue Elsa Morante - Paris 13°- Métro - RER Bibliothèque François Mitterrand.

Ce séminaire propose d’examiner l’hypothèse d’une nouvelle cartographie des hétérosexualités. Nous partons de la critique féministe de la norme hétérosexuelle d’une part, et de l’analyse du processus inconscient de construction identitaire proposée par la psychanalyse de l’autre. Il s’agit de réfléchir à la convergence entre la notion de sujet sexué proposée par les études du genre et les théories psychanalytiques de la sexualité. Nous repérerons les transformations que ces deux avancées apportent à toute identité sexuelle, hétérosexualité incluse. Si les travaux disjoignant l’identité sexuelle du sexe biologique pluralisent le champ des nominations possibles et légitiment la critique de l’hétérosexualité comme contrainte, leur impact sur la (re)construction de l’identité hétérosexuelle ne devient-il pas un champ de recherche fructueux ? Autrement dit, les manières d’être femme et homme ne sont-elles pas aussi passibles d’être bouleversées par les nouvelles théories de la sexualité (et notamment par celles mettant en question l’hétéronormativité) ?

 

Thèmes des séances :

 
1-  Changements hétérosexuels : nouvelles identités, nouvelles hétérosexualités ?
2- Féminisme et hétérosexualité – politiques de l’espace privé
3- Corps, inscriptions corporelles et sexualités [avec la participation de l’anthropologue José Bizerril (UniCeub – Brasilia, Brésil)]
4- Topologies de la rencontre amoureuse – Qu’y-a-t-il dans le rapport sexuel ?
5- “All you queer is love”? Amour, sexualité et l’amitié comme mode de vie.

 

Renseignements : centredetudesduvivant.net

Par Poï Poï Poï
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 15:34

Pourquoi rescuciter ce blog de ses cendres?

Après moults échanges avec J-C Dardart sur le sujet, je me lance dans un projet d'écrire dont j'ignore encore quelle forme il prendra par la suite. Pour le moment, je me donne une visée assez large: celle d'écrire à propos des gender studies et de la psychanalyse, deux vastes champs qui m'occupent depuis des années. Mes réflexions ont besoin d'écho, d'où le format du blog, avec commentaires et tout le toutim. Ce blog la, car je suis finalement nostalgique... Cela dit, seule l'adresse reste, tout le reste a changé.

Je construirai ce blog au fil des questionnements, donc peut être que les choses changeront au fil du temps -je l'espère!- et que cette base sera restreinte ou débordée.

Je souhaite mettre en forme mes idées sur les flous de la psychanalyse concernant le genre, ayant constaté que dès lors qu'on touche à cette corde sensible qu'est l'identité sexuée, les psychanalystes eux même en perdent leur rigueur intellectuelle. On assiste alors à un débat d'idée assez pauvre, parfois même réactionnaire, non pas construit sur les textes et les idées mais sur des a priori assez flous et une logique soudain bancale.

J'ai donc pour ligne d'horizon ici de relire les textes analytiques en les passant au crible des apports des gender studies et de la théorie queer, entre autres. Le matériau commun à ces approche étant la subversion. L'idée c'est de dépoussiérer les mythes psychanalytiques empreints de patriarcat sur la sexualité. Je pense en effet qu'une orientation quasi unique a été prise pour parler et entretenir un dans un certain flou qui est à étudier, des notions de vie sexuelle, sexualité, identité sexuée, identité sexuelle. Cette orientation est celle d'une pensée patriarcale qui a le mérite d'orienter le débat clairement, mais qui ne suffit pas à traduire la réalité des recherches sur le sujet.

Je vais tenter pour commencer de retrouver les définitions de ce qui me servira à penser, pêle mêle des notions à creuser et à enrichir:

- le binaire et les couples d'opposés: le genre et sa construction sociale, la base biologique de la différence entre les sexes, les qualités sociales et psychiques attribuées au masculin et au féminin

- déborder les cases: le trans, la bisexualité psychique, la construction identitaire et sa déconstruction,

- l'infinité des possibilités identitaires: le queer, l'étrangeté, le décalage entre identité sexuelle, identité sexuée et sexualité

- le couple, la sexualité, l'infantile: un, deux, trois, le manque

Voilà qui me semble un bon début, pour attaquer le sujet. Le reste suivra sans doute...

 

Quelques références bibliographiques, n'hésitez pas à les enrichir:

 

Freud, Oeuvres complètes, dont pour commencer

Trois essais sur la théorie sexuelle

Pulsion et destin des pulsions

Un cas d'homosexualité féminine

 

Joyce Mc Dougall, Eros aux 1001 visages

 

Sous la direction de Jeanine Chasseguet-Smirgel, La sexualité féminine

 

Judith Butler, Gender trouble

 

Marie-Hélène Bourcier, Queer Zones vol. 1,2 et 3

 

Donna Haraway, Cyborg Manifesto

 

Claude Cahun, Ecrits

Par Poï Poï Poï
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